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La confiture de figues aux noix, pignons et Gewurtstraminer

Dernière mise à jour : 14 oct. 2020


3ème article perso qui va parler de ma passion des confitures !

Il fut un temps où je travaillais beaucoup, où je faisais un autre métier, celui de styliste de mode en free-lance ! Je parcourais le monde, d’aéroports en hôtels, d’hôtels en usines, pour corriger les modèles que j’avais dessinés, un temps où je n’avais pas le temps et où, mon unique fantasme, était de me poser et de faire des confitures. Ma vie a plutôt changé depuis, mais il me manque encore la nature, la maison dans le Sud et le verger qui va avec, les fruits que je pourrai cueillir moi-même, mais j’ai maintenant le temps de faire de délicieuses confitures qui font la joie de mes amis et voisins et surtout ma joie à moi de les préparer.

Alors, toujours dans l’idée de ce futur blog, qui parlera des plaisirs de la bonne chair, diététique chinoise comprise, et loin, j’espère, des sentiers de l’orthorexie, dans une optique plutôt « flexi-terrienne », j’aimerais vous parler du pouvoir thérapeutique des confitures.

La diétothérapie chinoise (ou art de soigner avec les aliments considérés comme des remèdes, des médicaments) nous a donné de nombreuses recettes thérapeutiques dont les plus connues sont les gruaux (ou soupes) de riz, mais aussi toutes sortes de plats sautés, mijotés, de poulets cuits en bouillon avec des herbes, des œufs cuits dans des plantes, mais aussi des gâteaux, des crêpes, sirops, alcoolatures, mais peu de confitures, me semble t’il dans le monde des chinois.

Pour cela, je suis allée chercher du côté de Nostradamus, grand médecin, plus célèbre semble t’il pour ses oracles et prophéties que pour ses confitures. Il a écrit en 1556, en plein cœur de la Renaissance, un célèbre « traité des fards et confitures », avec le souci de préserver la beauté du visage par les fards et de soigner le corps par des confitures thérapeutiques. Cet intérêt pour les confitures arrive avec le développement massif du commerce des épices et la production de canne à sucre par les portugais. C’était un luxe, à l’époque, de consommer du sucre, droit réservé uniquement aux nobles à la cour, l’unique aliment pour sucrer, depuis l’antiquité, étant le miel.

Cet aliment étant très rare, Nostradamus lui accorda, outre l’intérêt de pouvoir conserver les fruits, des vertus thérapeutiques. Pour ses recettes, il va souvent associer des épices, aussi pour leurs qualités médicinales, par exemple une recette de confiture pour « affermir les ardeurs amoureuses », une forme de gingembre confit au miel, qui traitera aussi bien le froid de l’estomac, que les problèmes d’infertilité ou d’impuissance. Ces indications thérapeutiques sont très proches de celles indiquées dans les textes classiques de la Diététique Chinoise.

De mon côté, j’ai toujours apprécié l’association des épices aux fruits et j’avoue avoir été très influencée par une fée des confitures, Christine Ferber. Je vous donne donc ma version personnelle d’une de ses confitures, avec ses indications thérapeutiques.

C’est l’automne et la pleine saison des figues, l’idéal étant de travailler des produits de saison ! je vous conseille de préparer cette recette pour faire de jolis petits cadeaux gourmands pour Noël. Cette confiture s’associera très bien au foie gras ! C’est aussi pour moi un hommage à mes amis alsaciens.




Recette de la confiture de figues aux noix, pignons et Gewurztraminer :

Pour 4 pots et 1kg de petites figues violettes : 500g de sucre de canne bio, 1 citron, 50g de pignons de pin, 75g de noix concassées, 25cl de vin blanc d’Alsace Gewurztraminer 

Laver les figues, les équeuter, les sécher et les couper en 4. Les faire macérer dans une terrine, avec le sucre, le vin et le citron pendant 2h. Verser dans une bassine à confiture, si possible un chaudron en cuivre et cuire en remuant 10mn, à partir de l’ébullition, en écumant régulièrement. Laisser reposer une nuit, en remettant dans une terrine. Recuire à nouveau 10mn, après ébullition, en rajoutant les noix concassées et les pignons de pin, ainsi que le vin Gewurtstraminer. En parallèle, faire bouillir vos pots de confiture et les mettre à sécher. Lorsque la confiture semble avoir la bonne consistance (on peut faire le test sur une petite soucoupe placée au congélateur, la confiture doit figer au contact du froid), remplir les pots, bien nettoyer les bords, les fermer, les retourner et les enfermer dans un torchon. Attendre qu’ils soient froids pour les retourner.

NB : Si vous utilisez cette méthode pour bien fermer les pots, ainsi que du citron (1 citron par kilo de fruits), vous pourrez vous permettre de ne mettre que 500g de sucre pour 1kg de fruits. Mais attention ! Il faudra les garder au frais après ouverture des pots

Intérêt thérapeutique des aliments principaux, selon la Diététique Chinoise :

La figue est de nature neutre et de saveur douce, elle renforce la Rate et tonifie le Qi. Elle traite la chaleur de la gorge et du poumon, mais est surtout un très grand remède reconnu depuis l’antiquité pour traiter la constipation.

La noix est de nature tiède, de saveur douce, a un tropisme Poumons et Reins. Elle tonifie les Reins et renforce les lombes, calme la toux et traite l’asthme. De par sa forme ressemblant aux lobes du cerveau, elle va traiter les troubles de la mémoire et nourrir le cerveau. Elle lubrifie en plus les intestins.

Le pignon de pin est de nature tiède et de saveur douce. Comme la noix, il va calmer la toux et lubrifier les intestins.

Tout ceci nous laisse à penser que, même si manger sucré n’est pas trop recommandé pour la santé, cette confiture aura sûrement la vertu, outre de régaler nos palais, d’adoucir notre gorge, de traiter la toux, mais surtout d’être un bon remède pour traiter la constipation !

Sources : « Ces aliments qui nous soignent » de Philippe Sionneau et Josette Chapellet (Editions Guy Trédaniel)

« Le traité des confitures de Nostradamus » de Jean-Michel Deveau (Editions Etre Connaître)

« Mes confitures » de Christine Ferber (Editions J’ai lu)



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